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L’Organisation mondiale de la santé (OMS) exhorte les pays à accélérer la transition des soins psychiatriques institutionnels de longue durée vers des services de santé mentale communautaires qui protègent les droits humains, respectent les choix individuels et soutiennent la vie indépendante. À l’approche de la Journée mondiale de la santé mentale 2026, l’OMS a publié de nouvelles orientations pratiques pour aider les hôpitaux psychiatriques et les systèmes de santé nationaux à évoluer vers des soins de santé mentale plus inclusifs et centrés sur la personne.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) appelle les pays à accélérer la transition des soins psychiatriques institutionnels de longue durée vers des services de santé mentale communautaires qui protègent les droits humains, respectent les choix individuels et favorisent une vie autonome. À l’approche de la Journée mondiale de la santé mentale 2026, l’OMS a publié de nouvelles orientations pratiques pour aider les hôpitaux psychiatriques et les systèmes de santé nationaux à évoluer vers des soins de santé mentale plus inclusifs et centrés sur la personne.
L’annonce, publiée le 9 octobre 2026, met en évidence la dépendance persistante à l’égard des grands hôpitaux psychiatriques et des institutions de soins sociaux dans de nombreux pays, où des personnes présentant des troubles de santé mentale peuvent rester des mois, des années, voire des décennies.
Selon l’OMS, près de la moitié des personnes vivant dans ces institutions y sont détenues de manière involontaire, souvent séparées de leur famille, de leur communauté et des opportunités de la vie quotidienne.
L’organisation appelle à des réformes permettant aux personnes de recevoir des soins de santé mentale appropriés tout en conservant leur dignité, leur liberté et leur participation à la société.
Au cœur de l’annonce de l’OMS se trouve un nouveau guide soutenant la désinstitutionnalisation (DI), processus visant à aider les personnes ayant passé de longues périodes dans des institutions psychiatriques à réintégrer la vie communautaire.
Les orientations s’adressent en particulier aux personnes qui sont restées dans des hôpitaux psychiatriques pendant six mois ou plus.
Plutôt que de simplement renvoyer les patients de l’hôpital, la désinstitutionnalisation nécessite des soins coordonnés, un logement, des services sociaux et un soutien communautaire continu.
L’OMS souligne que les personnes devraient avoir accès aux services et aux opportunités dont elles ont besoin pour vivre en sécurité, de manière autonome et épanouissante au sein de leur communauté.
Le nouveau guide fournit des recommandations pratiques aux responsables d’hôpitaux psychiatriques et aux systèmes de santé pour soutenir cette transition.
Ses principales priorités comprennent la réduction des admissions psychiatriques inutiles, la prévention des séjours institutionnels prolongés, l’amélioration des pratiques institutionnelles afin de protéger les droits humains et le soutien aux personnes lors de leur retour à la vie communautaire.
Le Directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a souligné que l’accès à un soutien en santé mentale ne devrait pas obliger les personnes à renoncer à leurs droits fondamentaux.
« Les personnes ne devraient pas avoir à renoncer à leur liberté, à leur dignité ou à leur place dans leur communauté pour recevoir un soutien continu en santé mentale », a-t-il déclaré.
L’OMS encourage les gouvernements à reconsidérer leur dépendance aux soins institutionnels de longue durée et à réorienter les investissements vers des services de santé mentale accessibles et fondés sur les droits dans les communautés.
Cette approche reflète une compréhension plus large des soins de santé mentale, qui va au-delà du traitement clinique pour inclure l’inclusion sociale, l’autonomie personnelle et la qualité de vie.
L’organisation souligne que les personnes présentant des troubles de santé mentale devraient être soutenues dans leurs décisions concernant leurs soins et dans leur participation à la vie communautaire.
L’Atlas de la santé mentale de l’OMS révèle des différences importantes dans les progrès réalisés par les pays vers des soins de santé mentale communautaires.
Le rapport identifie trois constats importants :
9 % des pays répondants avaient entièrement effectué la transition vers des soins de santé mentale communautaires.
53 % des pays répondants restaient à un stade précoce de réforme du système de santé mentale.
28 % des personnes admises dans des hôpitaux psychiatriques y restaient plus de six mois.
Ces chiffres soulignent l’ampleur du défi auquel sont confrontés les systèmes nationaux de santé mentale.
Bien que de nombreux pays développent des services de santé mentale communautaires, les soins institutionnels continuent de jouer un rôle dominant dans de nombreux contextes.
Les résultats de l’OMS indiquent également que les engagements politiques ne suffisent pas sans investissements dans des services permettant aux personnes de vivre en dehors des institutions psychiatriques.
L’OMS souligne qu’une désinstitutionnalisation réussie ne peut pas être réalisée par les seuls hôpitaux psychiatriques.
Une transition durable nécessite une collaboration entre les systèmes de santé, de logement, de protection sociale, d’éducation et d’emploi.
L’accès à un logement approprié est particulièrement important pour les personnes quittant des soins institutionnels de longue durée, car un hébergement stable constitue une base pour reconstruire les routines quotidiennes et les liens sociaux.
Les services de santé communautaires doivent également être disponibles pour fournir un traitement continu, une réadaptation et un soutien en santé mentale lorsque cela est nécessaire.
Les opportunités d’éducation et d’emploi peuvent aider les individus à retrouver leur autonomie et à participer plus pleinement à la société.
Les familles et les aidants peuvent également avoir besoin d’informations, d’une aide pratique et d’un soutien pour aider les personnes à réussir leur transition vers la vie communautaire.
Sans ces services, les personnes libérées des institutions peuvent se heurter à de nouveaux obstacles pour accéder aux soins, maintenir un logement stable ou participer à leur communauté.
L’OMS plaide donc pour une planification coordonnée qui place les besoins et les choix individuels au centre du processus de transition.
Les nouvelles orientations de l’OMS s’alignent sur le thème de la Journée mondiale de la santé mentale 2026, célébrée chaque année le 10 octobre.
Le thème de cette année est :
« Les expériences vécues entendues : de vraies voix, un vrai changement. »
Ce thème souligne l’importance d’impliquer dans la conception et l’amélioration des systèmes de santé mentale les personnes ayant personnellement vécu des troubles de santé mentale et des soins institutionnels.
L’OMS note que les personnes ayant une expérience vécue sont fréquemment exclues des décisions concernant les services, les politiques et les approches thérapeutiques qui affectent directement leur vie.
Cependant, leurs perspectives peuvent fournir des informations précieuses sur le rétablissement, les obstacles à l’accès aux soins, l’inclusion sociale et le soutien pratique nécessaire à une vie autonome.
L’organisation appelle à une participation significative plutôt qu’à une simple consultation sans influence sur les décisions.
Grace Gatera, consultante indépendante et militante ayant une expérience vécue, a souligné l’importance d’inclure dans le processus de réforme les personnes ayant connu des soins institutionnels.
« Faire évoluer les soins de santé mentale vers un modèle communautaire doit se faire avec les personnes qui savent ce que signifie passer par des soins institutionnels, et non pour elles », a-t-elle déclaré.
Cette déclaration renforce la position de l’OMS selon laquelle les personnes recevant des services de santé mentale doivent être des partenaires actifs dans les décisions qui affectent leur vie.
Leur expérience peut aider les décideurs et les prestataires de soins de santé à mieux comprendre les forces et les limites des systèmes existants.
Une implication significative peut également contribuer au développement de services soutenant le rétablissement, le libre choix individuel et la participation à la société.
L’OMS a élaboré le nouveau guide sur la désinstitutionnalisation avec des experts de différentes régions, y compris des personnes ayant une expérience vécue.
Ses recommandations sont conçues pour être adaptées à différents systèmes de santé, politiques nationales et contextes locaux.
La transition vers des soins de santé mentale communautaires représente un changement important dans l’organisation et la prestation des services de santé mentale.
Les modèles institutionnels traditionnels concentrent souvent le traitement et le soutien à long terme dans de grands établissements psychiatriques.
Les approches communautaires, en revanche, visent à fournir des soins appropriés plus près du lieu de vie des personnes tout en reliant les services cliniques au soutien social.
Cela ne signifie pas l’élimination de tous les soins psychiatriques hospitaliers. Les hôpitaux peuvent continuer à fournir des traitements aigus et spécialisés nécessaires, tandis que les services communautaires contribuent à prévenir une institutionnalisation prolongée inutile et à assurer la continuité des soins.
L’objectif central est de garantir que les personnes reçoivent un traitement et un soutien appropriés dans le cadre le moins restrictif compatible avec leurs besoins et leurs droits.
Pour les gouvernements et les prestataires de soins de santé, parvenir à cette transition nécessite des investissements durables, une coordination des services, le développement des effectifs et des mécanismes de protection des droits individuels.
Alors que les pays célèbrent la Journée mondiale de la santé mentale 2026, l’OMS appelle les gouvernements, les organisations de soins de santé et les prestataires de services sociaux à accélérer la réforme des systèmes de santé mentale.
L’organisation souhaite que les pays dépassent leur dépendance aux institutions psychiatriques de longue durée et développent des services communautaires offrant un soutien continu, centré sur la personne.
Elle souligne également que les personnes ayant une expérience vécue doivent participer directement à l’élaboration de ces réformes.
Le message est clair : des soins de santé mentale efficaces devraient favoriser le rétablissement, la dignité, la liberté et la participation à la vie quotidienne, et non obliger les personnes à rester isolées de leur communauté.
En investissant dans des services communautaires accessibles et en veillant à ce que les individus puissent exercer un choix réel, les pays peuvent œuvrer à des systèmes de santé mentale plus inclusifs, réactifs et fondés sur les droits humains.
Source : Organisation mondiale de la Santé (OMS), 9 octobre 2026.
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