
Plus de 30 experts internationaux en intelligence artificielle (IA), santé mentale, éthique et politiques publiques se sont réunis lors d’un atelier en ligne afin de tracer une voie vers une utilisation responsable de l’IA pour la santé mentale et le bien-être.
Plus de 30 experts internationaux en intelligence artificielle (IA), santé mentale, éthique et politiques publiques se sont réunis lors d’un atelier en ligne afin de tracer une voie vers l’utilisation responsable de l’IA pour la santé mentale et le bien-être.
L’atelier était organisé par le Centre d’éthique numérique de Delft (DDEC) à l’Université de Technologie de Delft (TU Delft), le premier Centre collaborateur de l’OMS sur la gouvernance de l’IA pour la santé, y compris l’éthique. Il a été tenu en tant qu’événement officiel préliminaire du India AI Impact Summit 2026, avec le soutien de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Le Dr Alain Labrique, directeur du Département des données, de la santé numérique, de l’analytique et de l’IA de l’OMS, a souligné :
« À mesure que l’IA interagit de plus en plus avec des personnes dans des moments de vulnérabilité émotionnelle, nous devons nous assurer que ces systèmes sont conçus et régis avec la sécurité, la responsabilité et le bien-être humain au cœur de leurs priorités. »
Une préoccupation majeure soulevée lors de l’atelier est l’utilisation croissante des outils d’IA générative pour le soutien émotionnel, en particulier chez les jeunes, alors même que ces systèmes n’ont ni été conçus ni cliniquement évalués pour des applications en santé mentale. Cela soulève des inquiétudes importantes concernant les risques potentiels à long terme.
Sameer Pujari, responsable de l’IA à l’OMS, a déclaré :
« Nous sommes à un moment charnière. L’adoption rapide de l’IA dans la vie quotidienne a largement surpassé notre compréhension de son impact sur la santé mentale. Combler ce fossé nécessite une action coordonnée et des investissements dédiés à la fois du secteur public et privé. »
Le Dr Kenneth Carswell du Département des maladies non transmissibles et de la santé mentale de l’OMS a souligné l’importance d’une approche multidisciplinaire :
« Minimiser les risques tout en maximisant les bénéfices de l’IA générative nécessite la collaboration des populations concernées, des cliniciens, des chercheurs, des régulateurs et des experts en données. L’OMS s’engage à veiller à ce que le bien-être des utilisateurs reste au centre à mesure que ces technologies évoluent. »
L’atelier s’est conclu sur trois grandes recommandations politiques :
1. Reconnaître l’IA générative comme une question de santé mentale publique
Les gouvernements, systèmes de santé et industries doivent prendre en compte l’impact général de tous les outils d’IA générative, et pas seulement ceux explicitement conçus pour la santé mentale.
2. Intégrer la santé mentale dans les évaluations d’impact de l’IA
Les cadres d’évaluation doivent mesurer tant les effets à court terme qu’à long terme, y compris les risques comme la dépendance émotionnelle. Les participants ont souligné la nécessité de financements indépendants pour la recherche afin d’évaluer ces impacts.
3. Co-concevoir les outils d’IA avec des experts et des utilisateurs
Les solutions d’IA pour la santé mentale doivent être développées en collaboration avec les cliniciens, chercheurs et personnes ayant une expérience vécue, y compris les jeunes. Les outils doivent être fondés sur des preuves et adaptés aux différences culturelles, linguistiques et contextuelles.
L’atelier a également mis en lumière l’importance croissante du réseau des Centres collaborateurs de l’OMS en tant que pilier stratégique pour faire progresser une IA responsable en santé.
Le Dr Stefan Buijsman, directeur général du DDEC, a noté :
« En tant que Centre collaborateur de l’OMS, nous pouvons amplifier l’impact en collaborant avec des experts mondiaux, des spécialistes du domaine et des gouvernements. »
L’OMS met actuellement en place un Consortium de Centres collaborateurs sur l’IA pour la santé, un réseau mondial couvrant les six régions de l’OMS. Cette initiative vise à soutenir les États membres dans l’adoption et la gouvernance responsables des technologies d’IA.
Une réunion préparatoire des institutions candidates a eu lieu du 17 au 19 mars 2026 à TU Delft, où les participants se sont accordés sur les priorités communes et sur des cadres initiaux de collaboration.
L’initiative vise à bâtir une infrastructure mondiale garantissant que la gouvernance de l’IA en santé repose sur des preuves, l’éthique et les besoins des populations diverses à travers le monde.
Alors que l’IA s’intègre rapidement dans la vie quotidienne, la nécessité d’une gouvernance responsable, en particulier dans des domaines sensibles comme la santé mentale, n’a jamais été aussi urgente. La collaboration mondiale, des politiques fondées sur des preuves et une conception éthique seront essentielles pour garantir que l’IA apporte des bénéfices sans effets indésirables involontaires.
Source : Organisation mondiale de la Santé
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March 23, 2026

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